
Dans le Cabaret des Girlz, il s'agit de montrer des filles, des femmes, des actrices “au travail”. Créer avec elles une singularité, des possibles, des espaces de résistance. La vie, la création, l'écriture, la politique, l'amour, le sexe ne font qu'un. Mes femmes s'habillent et se déshabillent, dansent, séduisent et se confessent, désirent et se consolent... tout à la fois. Le temps est une ronde, rien n'est jamais fini, les choses ne se font pas les unes après les autres, mais toutes en même temps. Ces femmes cumulent, s'imaginent, s'encouragent et se font peur, ne s'arrêtent jamais. Je les regarde, s'inventer tous les jours.
J'écris à partir de la scène, depuis cet endroit insaisissable de l'acteur. J'écris des possibles moi, des je(ux), depuis ce moi exposé que se construit au plateau. C'est de cela qu'il est question dans ¡Puta Madre! : un “je” volontairement mis à nu et partagé, démultiplié par ce cabaret de “filles-femmes”. Elles sont les frangines qui s'inventent pour parler... d'amour, de séduction et de pouvoir.
“Vous plaire, on est venues pour ça, pour vous plaire, pourquoi ? Pourquoi ça, vous plaire ? Qu'est-ce qu'on y gagne, hein ? Pour le plaisir ? Pour le plaisir de votre désir. Pour le plaisir de séduire... On est venues se montrer, se faire voir, que vous regardiez ça aussi, comme on est là, à se faire voir... On est venues partager ça avec vous, vous nous regardant et puis nous s'exhibant à vous, tranquilles, nues forcément, un p'tit peu à poil quand même.”