
Tout d'abord pour le plaisir de jouer un grand auteur, un grand texte, de grands sentiments, de grands personnages, de grands idéaux, des grands d'Espagne... Que de grandeur !
Tout est GRAND chez le Grand Victor !
Trop grand ? Peut-être.
Comment faire quand on a 20 ans en 2024 pour habiter ces grands destins, remplir ces si grands costumes, nourrir cette langue datant de 1838 si ce n'est avec courage, avec fougue et un grain de folie ?
Il faut y aller comme un forcené des temps modernes. S'arracher les tripes, dans ce XXIème siècle, dingue de vitesse et d'éphémères consommations en tout genre, il faut être romantique et résistant pour s'engager dans l'art de faire l'acteur, être joyeusement convaincu pour passer sa vie à jouer, s'efforçant de devenir un athlète des émotions.
Il faut une folie douce pour se livrer au regard des autres humains faisant l'expérience de toute son humanité : amoureux, lâche, cruel, sublime et trivial ! Se laisser voir au fond de l'âme, se mettre à nu grâce aux poètes.
Courant derrière des alexandrins à l'heure des emojis, embrassant des figures de papier à qui on s'efforce de donner chair, au temps des avatars, se jeter à corps perdu, pour le plaisir de l'expérience et du partage, sans quoi le théâtre n'a pas lieu d'être.
Faisons ensemble ! Un spectacle est une utopie qui s'incarne.