Cut ! Des histoires, des vies

Création de Mathilda May à la Scala - festival d'Avignon

Un tourbillon de situations contemporaines, un florilège de récits à la fois crédibles et extrêmes !
Un couple d’amoureux qui se promène en forêt, un entraîneur et son équipe à la mi-temps, des inconnus coincés dans un ascenseur ou un médecin qui cherche un lit pour un patient…
Mathilda May met en scène ces situations contemporaines dans une scénographie minimaliste, portées par six acteurs au jeu physique et engagé.
En écho avec les codes actuels du « scrolling », la forme fragmentée condense les récits pour en extraire les moments clefs. Avec une partition sonore puissante et un rythme effréné, Cut! nous donne à voir un échantillon d’humanité dans toute sa richesse et sa complexité.

https://www.instagram.com/compagnie_des_2m/
https://www.instagram.com/maymathilda/

Chaque année, c’est un nouveau défi, une impulsion, une folie qui s’incarne jour après jour, pendant un tout petit mois, un Collectif, une communauté s’affaire, s’agite et pédale dans la semoule pour donner vie à... une intuition, parfois un rêve, un songe : une traversée sauvage et poétique.

Oui, j’avoue parfois que ça tient à une insomnie, une vision : pourquoi pas L’échange de Paul Claudel ? Alors qu’ils sont dix-sept ? tonnent les cloches du réel au réveil ! Bien sûr, L’échange, ce ne sont que deux couples, quatre personnages mais comme une évidence... Le goût d’une promesse. Peut-être…

Le goût de la langue aussi, bien sûr, celle de Claudel. La difficulté de la partition comme un magnifique os à donner à ronger à de jeunes gens affamés et en pleine croissance. Et puis cette jeunesse et sa fougue, la mettre joyeusement et généreusement à l’épreuve des sentiments violents et contradictoires que vont traverser ces quatre puissances de vie : Louis Laine, Marthe, Lechy Elbernon et Thomas Pollock Nageoire ! Jusqu’à la mort. En une seule journée, le cycle entier qui nous traverse de part en part - Eros et Thanatos - Une naissance à venir et un cadavre à enterrer.

En se mettant au travail, la magie du plateau devenu kaleïdoscope opère. Les perspectives se multiplient, les personnages s’animent en puissances au carré, les facettes de chacun et chacune s’éclairent les unes les autres et sans aucun effet spéciaux, ni Intelligence Artificielle, nous nous essayons, comme des apprentis sorciers, à fabriquer du théâtre quantique.

Merci de nous suivre dans cet accélérateur de particules émotionnelles en expérimentation."

Ana Karina Lombardi

Article Midi libre 1
Article midi libre 2

Il y a plus de dix ans, je découvrais un brillant représentant de la nouvelle scène théâtrale latino-américaine : Santiago Sanguinetti, acteur, auteur et metteur en scène uruguayen. 

Son écriture, traversée par un souffle et une folie jubilatoires, passe du grotesque au terrible, de la parodie au tragique, de Walt Disney au réel le plus cru. Un manège d'oxymores : du sublime au trivial, en passant par le poétique et le scabreux, jusqu’au lyrique et le grotesque. Entrechoquer les éléments dissonants multiplie leurs sens !

Son théâtre, à l'humour féroce, reflète cette constante juxtaposition d'émotions et d'informations contradictoires avec lesquels nous pensons aujourd'hui la vie et nos relations humaines. 

Convaincue par la force de frappe de ses pièces, je m'attèle à la traduction de la Trilogie de la Révolution, paru en 2023 chez Actualités Éditions. 

Argument contre l'existence d'une vie intelligente est une pièce qui concentre son action autour de quatre personnages exclusivement jeunes dans un espace clos face à une situation extrême. 

Dans le texte original, quatre jeunes étudiant.e.s projettent un triple attentat dans des facultés du Cône Sud (Uruguay, Chili, Argentine) comme action directe inaugurale à la révolution sociale. Dans un appartement de Montevideo, les références à la culture pop croisent les sujets emblématiques de la pensée révolutionnaire latino-américaine du milieu du XXème siècle. D’une part, Animaniacs, Taxi Driver, Wonder Woman, Beetlejuice, E.T., Wolverine... ; d’autre part, José Carlos Mariátegui, Carlos Quijano, Che Guevara et Fidel Castro. Un véritable terrain de jeu pour le débat politique qui intègre la pensée des gauches révolutionnaires et sa critique, avec une perspective contemporaine et latino-américaine. 

En étroite collaboration avec l’auteur, qui préconise “l’actualisation des références en fonction du pays où serait montée la pièce”, je décide de travailler sur une adaptation pour le premier volet de cette Trilogie. 

Il s'agira non seulement de recontextualiser et trouver des équivalences aux références uruguayennes, mais surtout de jouer avec les grandes figures de la gauche française, d’interroger l’héritage des mouvements des années soixante-dix, en les passant à la moulinette de la mondialisation et de sa culture pop. Mélanger sérieux et ludique avec des positions extrêmes et des dialogues absurdes, pour produire une dynamique de jeu qui soit la plus percutante possible auprès d’un public français. 

Une création de la Compagnie Bleu Nuit
Mise en scène Ana Karina Lombardi Montenegro
Distribution Léna Delorme, Léo Deschamps, Eloi Durand et Valentine Valeur
Scénographie & costumes Ana Karina Lombardi Montenegro 

Cette année, nous travaillerons sur la pièce de théâtre antique Les Oiseaux d’Aristophane, dans une adaptation inspirée par celle d’Alfredo Arias pour la Comédie Française.
Nous commencerons à répéter mi-avril et serons en tournée à partir du 28 mai jusqu’au 8 juin 2025.

Synopsis
Au Ve siècle av. J.-C., deux humains fuient Athènes pour vivre heureux, loin de la ville, de la politique et de la guerre. Mais où peuvent-ils se rendre ? Ils interrogent Térée, une huppe qui a été homme, et qui les accompagne dans leur quête d’idéal. Voici l’amorce facétieuse d’Aristophane pour bâtir une utopie : Coucouville-les-Nuages, où les oiseaux règnent à la place des dieux.

Singularité et vision de l’œuvre
Aristophane, en bon poète satirique, s'autorise à rire de tout et de tous ! Il s'attaque non seulement à la société athénienne devenue invivable, mais aussi à tous ceux qui font métier de l'exploitation d'autrui, et aux dieux eux-mêmes, pervertis comme les hommes par une grossière et pitoyable avidité. Les tares de la société athénienne du Ve siècle sont hélas toujours d’actualité.
À l’heure où on meurt pour des caricatures, où règnent impérialismes, guerres et fake news, Aristophane nous rappelle qu’il faut lutter sans relâche contre les faux semblants, la rapacité des hommes et des dieux, et qu’il est de notre devoir de résister, avec humour, lucidité et courage.
La pièce d’Aristophane pleine de fantaisie, de chants et de chorégraphies est l’occasion rêvée pour interroger avec drôlerie et panache le rôle de nos démocraties et des autres vivants au coeur de la cité. Une cité utopique où tout le monde aurait sa place !

Mon père est mort.

Dans la panique, je me suis mis à baiser comme un fou. Il parait que c'est le déni.
Et puis j'ai fait un cauchemar. Affreux. Je finissais seul comme un chien.
J'ai compris qu'il me fallait faire un enfant, à tout prix.
Je me suis remis à baiser comme un fou mais en quête d'une future mère. C'était pire.
Mon ex m'a dit : tu vas pas bien, fais quelque chose.
Ma mère, qui était pourtant morte, m'a dit : et voilà, dès que j'ai le dos tourné, tu fais n'importe quoi !
Mon meilleur pote m'a dit : moi, je suis alcoolo mais au final tu vaux pas mieux.
Il est un peu maladroit mais il est toujours là. On s'est mis au vert. On a rejoint un Cercle de parole... d'hommes.
Si si ça existe. J'ai tout balancé, la mort de mon père, l'hôpital, mes colères, mes désillusions.
Mon désir de paternité.

Ma mère en a profité pour rappliquer à nouveau, j'ai compris que le deuil, c'était plus long que prévu.
Mais vous inquiétez pas, on va rigoler... enfin, j'espère.
Voilà, aujourd'hui je suis là et je suis papa. Ou pas...
C'est pas grave de savoir si c'est vrai, le spectacle est là, lui, non ?
Puisque vous y êtes.

Lien : https://www.desilsetdeselles.com/portfolio-items/seventies/

D'après «Sur la piste animale» de Baptiste Morizot

Interprétation

  • Catherine Vrignaud Cohen
  • Création sonore
  • Marie-Lys Polchlopek
  • Co mise en scène
  • Ana Karina Lomabardi
  • Catherine Vrignaud Cohen

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