
Chaque année, c’est un nouveau défi, une impulsion, une folie qui s’incarne jour après jour, pendant un tout petit mois, un Collectif, une communauté s’affaire, s’agite et pédale dans la semoule pour donner vie à... une intuition, parfois un rêve, un songe : une traversée sauvage et poétique.
Oui, j’avoue parfois que ça tient à une insomnie, une vision : pourquoi pas L’échange de Paul Claudel ? Alors qu’ils sont dix-sept ? tonnent les cloches du réel au réveil ! Bien sûr, L’échange, ce ne sont que deux couples, quatre personnages mais comme une évidence... Le goût d’une promesse. Peut-être…
Le goût de la langue aussi, bien sûr, celle de Claudel. La difficulté de la partition comme un magnifique os à donner à ronger à de jeunes gens affamés et en pleine croissance. Et puis cette jeunesse et sa fougue, la mettre joyeusement et généreusement à l’épreuve des sentiments violents et contradictoires que vont traverser ces quatre puissances de vie : Louis Laine, Marthe, Lechy Elbernon et Thomas Pollock Nageoire ! Jusqu’à la mort. En une seule journée, le cycle entier qui nous traverse de part en part - Eros et Thanatos - Une naissance à venir et un cadavre à enterrer.
En se mettant au travail, la magie du plateau devenu kaleïdoscope opère. Les perspectives se multiplient, les personnages s’animent en puissances au carré, les facettes de chacun et chacune s’éclairent les unes les autres et sans aucun effet spéciaux, ni Intelligence Artificielle, nous nous essayons, comme des apprentis sorciers, à fabriquer du théâtre quantique.
Merci de nous suivre dans cet accélérateur de particules émotionnelles en expérimentation."
Ana Karina Lombardi